Compagnon de Bohème...

Autoportrait
Complice même, plus que compagnon, sur lequel se lisent les joies comme les peines.
Comme une extension de l'âme, pour rendre audible ce qui ne peut être dit, il donne du plaisir même à la douleur et magnifie le moindre bonheur. Jouer, jouer comme autant de mots dont on a perdu le sens. Jouer faux, qu'importe, la mélodie est toujours juste. Et goûter au plaisir, intacte, dès la première note.
Oublier tout, pour livrer à la musique une grande part de vérité sur nous même. Un instant ne plus mentir et mettre sous ses doigts toutes nos émotions. Vibrer. Vibrer comme vibre en nous ces minuscules parcelles de vie. Laisser exploser les paroles muettes en autant de notes qui s'affolent.
Et se laisser porter une fois de plus...
Au son de ce violon sublime aux couleurs tziganes.Des chaleurs rondes et voluptueuses et des pleurs de fados.D'autres que moi en ont goûté le charme et s'y sont laissé prendre jusqu'à le vouloir posséder. Mais il m'est resté fidèle.
Mon morceau de bohème. Celui que je traîne avec moi depuis près de 20 ans.Il a dans le ventre des accents de voyages que je ne ferai sans doute jamais et que j'ai porté en secret. Je l'aime comme on aime en l'ami ce qui le distingue des autres. J'aime sa constance à me rendre heureuse chaque fois que je lui tend la main.
Il m'attendait rue de Rome, à Paris, comme un ami qui ne me quitterait plus. Une gratitude infinie à mes parents qui m'en ont un jour fait offrande.
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