A Travers ma Vie...

Quand un(e) ami(e) s'en va...
La rue était vide, comme ce bruit sourd en moi. Vide comme mon corps que je ne portais plus et que je laissais errer sur le pavé froid.
La rue était vide comme ces espaces laissés entre les instants de bonheur, vides de rire, remplis de questions, remplis de pourquoi?
Ils n'étaient pas si loin les "heureux", les vivants, ceux qui hier encore dansaient dans mes pas, dansaient avec moi, m'espéraient tout bas.
Hier, aujourd'hui, comme un tournant de rue dans un tournant de vie. La mienne allait tout droit, droit devant et pourtant je suis là et je me sens si seule...
Ils riaient si forts ceux qui disaient m'aimer, ceux qui ne faisaient que croquer un bout de cette vie avec moi. On était si bien. Ca n'aurait pas du changer. J'osais l'espérer...J'y crois encore.
La rue est vide mais le pavé est teinté. Derrière les façades se cachent les derniers rires. Et nos pas restent gravés.
Il y a du soleil sur les murs comme autant d'éclaboussures. Mais je marche sans savoir comment, sans savoir pourquoi, sans vous voir.
J'ai les yeux pleins de larmes, et pourtant tellement de rire encore, et pourtant tellement d'envie. Je n'avais pas cette envie d'être triste. Je voulais seulement marcher, marcher avec toi. Que tu me tendes ta main, que je te donne la mienne, comme ça, tout simplement, et me dire que ça ne changerait pas.
Mais la rue est vide et ce bruit en moi comme une déchirure. Ou comme un vieux rire qui s'étiole...
Demain, puis peut être plus tard, entre deux pas, entre deux bonheurs, entre deux espoirs je tournerai sans doute le coin d'une autre rue...et tu seras là.