Croisée de Fers...

Murmurer. Murmurer que l'on n'a pas froid et que rien ne vaut ce temps là.
Parce qu'il attend. Parce que loin de nos tracas, lui s'impatiente déjà.

Il sait la caresse à venir, celle qu'il donnera sous l'ondulation du corps et celle qu'il recevra de sa main. Il sait l'étreinte intime et silencieuse qui se nouera entre eux.
Il attend. Elle murmure.

Il se suspend à ses gestes, à ce qu'elle vienne tourner le loquet pour faire entrer la liberté. Il espère.

Et à chaque jour se renouvelle l'attente. Se renouvelle l'espoir de retourner batifoler. Avec la même constance. Avec la même confiance exquise.

Murmurer. Et retrouver sous le poil l'émotion intacte. Donner sa voix pour l'en sentir imprégné, pour le voir vibrer et s'enivrer déjà du plaisir à venir. Comme un aimé qui retrouve l'être cher, renouveler l'osmose.

Murmurer qu'il ne fait pas assez froid pour se priver de cavalcades. Qu'il ne viendra jamais le temps où ils joueront d'autres délices.
Et s'en aller. S'en aller galoper sur tous les chemins du monde, crinière au vent et liberté en poupe. S'enivrer comme jamais de l'osmose. Et ne plus s'arrêter. Galoper encore, encore....
Et murmurer.... pour que le temps ne vienne rien arrêter...

