Les Sillons du Bonheur...

Champ d'Or
L'Automne a depuis peu posé sa palette dans tous les paysages. Les arbres étirent leurs dernières branches vers la lumière avant de perdre leur tenue d'apparât.
Dans les champs caracolent encore les derniers fugitifs, quelques chevreuils ou autres volatiles que la chasse épargne encore à cette heure.
Au coeur du logis, l'âtre s'aprête à crépiter et les bouches se régalent déjà des futurs mets à déguster.
Mais l'âme, je ne sais pourquoi, s'épanche en nostalgie.
A chaque retour de la saison des amours comme des tourments, cette saison où se révèlent et se perdent les poètes semble porter avec elle
tous les méandres de la vie.
Et pourtant à bien y regarder, ces couleurs d'Automne là donnent plus à s'enchanter qu'à se morfondre.
Ce sont les derniers blés, ceux que l'été a repoussé jusqu'à ce jour, pour nous offrir du soleil même en plein hiver.

Sillons d'Automne
Ces sillons là se creusent à l'allure de mes rides mais d'une profondeur qui fleure bon la caresse.
Et ces blés là ne craignent ni le vent, ni le gel, ni les larmes de pluie.
Invariablement j'y promène mes mains, j'y promène mes yeux avec le même délice.
Ils oscillent au gré du jour et sont de toutes mes tempêtes comme de toutes mes joies.
Dans ces vastes blés là j'ai plaisir à me perdre,à y rire aux éclats, à m'enfouir et même à me cacher.
Il paraît qu'en avoir des épis chez soi pourrait porter bonheur. Moi j'en ai tout un champ c'est dire la chance que j'ai.
Et si parfois j'oublie, le chemin qui m'y mène, il y a toujours un Petit Prince pour me tendre la main et me mener jusqu'à cette moisson qui dure,qui dure...
Jusqu'à ces blés où parfois je vais aussi cacher mes larmes...
Toutimec, ma petite pogne, ma p'tite graine, ma tête à blé.
Servez-vous, surtout n'hésitez pas, des épis, il en a à foison.
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