Bucoland city ...

Publié le par L'amaraude



C'était Dimanche, mais c'aurait pu être tout autre.

C'était un jour plein de soleil, jour plein de joies et de cris d'enfants.

Mais j'étais quelques pas plus loin. Juste à portée de leurs rires, sur cette limite où vient nous chercher la solitude.

Je ne les ai pas vraiment quittés, je me suis isolée quelques instants, dans une quiétude que je n'avais même pas cherchée.
Et je me suis trouvée là. La grille était ouverte.
Je l'ai poussée...

"C'est étrange, me suis-je dit comme les jours de beau temps m'attirent souvent dans les cimetières."
Je ne suis plus croyante, du moins pas comme il s'entend de l'être, et j'ai suffisamment de "mort" en tête pour ne pas chercher ici à la comprendre davantage. Qu'elle force ma gourmandise de vivre est bien suffisant à mon égard.

J'ai égréné dans les allées la fluidité de mon être, je me suis laissée flotter, vider, annuler. Ne plus penser à rien et respirer cette étrange effluve de terre meurtrie et de vieilles plantes. La nature ose à peine s'y montrer et feutre ses parfums. Ici tout est au repos, la Vie comme la Mort.

Et moi-même sans doute. Ici personne ne viendra bousculer ma flânerie, mes divagations et mes chimères. Ici je m'invente la vie des autres, leur parcours illustres comme leurs rêves déchus. Et je ne suis surtout pas triste.
Non, respectueuse et comme portée par l'histoire. L'histoire de tous ceux
qui ont couché leur existence dans ce carré de terre.

J'écoute. J'écoute le lieu et le silence comme si je devais trouver dans ces secrets enterrés, une réponse pour moi-même.
Et je le cherche lui. Encore.
Comme le gardien des rêves humains. Il y en a forcément un pour forcer le rêve au milieu du néant.

Le voilà. J'ai déjà l'oeil sur lui. Il est de tous mes instants de solitude comme des plus précieux aussi. Il est de mon jardin d'Eden comme de toutes mes folies.

La vie n'est jamais très loin même en ces lieux hostiles. Il porte tout au delà de ces murs. Pourquoi emprisonner les morts d'ailleurs, par cupidité humaine?
Je m'approche et le touche.  La promenade est finie. Je lui confie le voeu secret de veiller malgré tout sur eux, même s'ils sont morts et que je suis là. Cet idiot accord tacite entre la statue et moi me semble soudain risible, tout autant qu'improbable.
Mais il est si vrai, si...vivant presque.

Allez, il faut que je parte. Le monde des morts est parfois trop silencieux.
J'ai ma dose de quiétude, je vais laisser reposer ces gens là en paix.
Que ma visite honore leur respectueux accueil.
Je pose sur l'ange un dernier regard.
Je reviendrai. Venir reposer ma vie, l'habituer peut être ...pour quelques heures seulement, au plus reposant des silences....



Verdun 15Mai 2005









 
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Publié dans Pognes tous azimuts

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M
Je n'aima pas les cimetières car même s'ils sont déserts, j'y ressens la tristesse de l'adieu que tous les vivants viennent y déposer, et j'angoise...pas de ces endroits là pour moi. Merci pour tes belles images et ton écrit sensible.<br /> Je comprends tout à fait ce que tu peux ressentir. Quand on est trop vivant et plein de vie comme tu l'es à mon avis, ces endroits là sont à proscrire. Tiens je vais aller me ballader "chez toi" prendre une bouffée d'air pur :)))
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L
Ton ange c'est toi qui l'a trouvé ou bien c'est lui qui a trouvé le sien.Nous nous avons trouvé le notre en tout cas...merci pour ces belles phrases et cet esprit dans lequel tu nous projètes.ByeLaura<br /> C'est adorable ce que tu écris. Ffffiouuu j'en suis toute émue moi... Merci Laura ;)))
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E
Merci mon ange lolBiz...LadyJe file faut que je répondes à tout le monde maintenant<br /> Ah c'est que je vais y prendre gout moi a ce petit surnom LoL Biz...
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E
Sur le sable face à la merSe dresse là un cimetièreOu les cyprès comme des lancesSont les gardiens de son silenceSur les sable des lits de ferSont plantés là face à la merOh mon ami la mort t'a emmenéSur son bateau pour l'éternitéSi on allait au cimetièreVoir son nom gravé sur la pierreSaluer les morts face à la merVivre nos vie dans la lumièreDans la chaleurLe silenceà l'heureOu les cyprès se balancentLes morts reposent au cimetièreSous le sable face à la mer<br /> Merci Eric pour ce texte, tu as visé juste, très juste....(negresses vertes)Tu l'as ramener des nuages cet ange ? Oui mais moi j'y suis restée encore un peu...:)))
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A
j'ai perdu mon grand pere paternel l'an dernier, c'était un peu grace a lui que je suis la,en France et Francaise, moi quand je vais le voir maintenant je vois tres bien ce que tu as voulu passer comme message. Tu sais, l'amaraude, ca fait mal aussi, il y a pas que du bonheur ou de la quietude en allant voir nos morts, mais au moins, le souvenir d'etre sur ses genoux restera et malgrès mon age ! je sais déjà que c'est soudé a ma mémoire, pour le meilleur de mes souvenirsAika<br /> Ceci explique peut être que je n'aille pas voir MES morts au cimetière, mais porte le respect que je leur conserve dans la visite que je fais, à ceux qui y dorment et que je ne connais pas...
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