Ballade croate...3

Publié le par L'amaraude ...





Région d'Imotski


Le jour s'est levé à 5h00 je crois. A l'heure où se sont faits entendre les premiers murmures.
Ils sont allés grandissants avec l'aube naissante jusqu'à éclater en voix tonitruantes sous mes fenêtres.
Les hommes sont prêts.
Massifs et burinés par le soleil ils ont dans les yeux et dans l'allure tout le courage qui sied à leur labeur: ils partent aux champs et déjà les plus hardis sautent dans les tracteurs.
Je vais attendre leur retour pour me lever. Je sais qu'ils en auront encore des choses à raconter, pour remplir de phrases étonnantes ma curiosité d'enfant.

D'autant plus "étonnantes" que je ne comprends rien à ce qu'ils disent. Enfin si. Aussi étrange que cela puisse être, nous nous comprenons non par la langue que nous parlons mais dans l'expression que nous y mettons. La langue croate n'a jamais été une barrière pour parler avec notre famille. Les sourires, les gestes tout a concordé à ce qu'il n'y ait jamais de moments en suspens entre deux phrases. Et quand bien même, ma grand-mère était là pour traduire...

Dans notre petit groupe d'enfants, auquel venait s'ajouter tous les gosses du village, on parlait comme on pouvait, français, croate ou ni l'un ni l'autre et un peu des deux. J'ai toujours trouvé cela fabuleux de réussir à se comprendre sans barrière. A croire que les 400 coups à faire en Yougoslavie étaient les mêmes qu'en France, parce qu'on s'en est payé des sacrées parties. Les vélos n'avaient pas de freins. Pour s'arrêter il fallait au mieux pédaler en arrière (ce qui n'est pas un réflexe inné en soit !) ou in extremis dévaler la pente du village à fond de cale et sauter du vélo tout en fonçant dans le mur de la dernière maison... Cela nous a valu des scènes plutôt cocasses !



 
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Publié dans Au fond des poches

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