Le Berceau des Kharmas.....
A deux pas d'ici, à deux pas de soi, pousser juste un peu plus loin pour aller poser ce qu'il reste d'envie.

On se fabrique des rêves que l'on force à maigrir dans nos vies étriquées mais il suffit parfois d'un verbe, d'une solitude pour qu'ils explosent à nouveau, pour qu'ils soient même encore plus beaux.
Je me souviens. Ce n'est pas si loin. Je me souviens et mes yeux rient encore, de cette buée sur les carreaux. Je me souviens de tout, comme si c'était hier.
Et, tu vois, il traîne encore dans ma mémoire des couleurs plus que des mots, des chaleurs plus que des paysages, il traîne un peu de toi.
Comme si, d'en entendre l'écho faisait vibrer ton rire, comme si, au creux des choses, comme au creux de moi-même vivait ta délivrance.
Je marche dans le sable, comme on marche à tâtons dans une vie d'errance et de découvertes. Tu m'as lâchée avant même de m'avoir tenue dans ce monde où je m'apprends sans me connaître parfois.
Ta main, ta main qui a quitté la mienne alors que je cherchais tes bras. Petit Père ce soir encore il fait froid dans mes tourments. Si longtemps que tu es mort, c'est comme si tu l'avais toujours été. Tu m'as toujours manqué, vivant comme absent. Hier comme aujourd'hui. Je suis née avec l'absence d'un père que j'ai tendrement aimé mais qui m'a volé mes plus belles années.
Parce que marcher à côté de toi, y vivre chaque jour n'était pas forcément exister l'un pour l'autre. J'avais 16 ans, peut être plus et je n'ai pas oublié, tes silences, ta déchéance et mes regrets.
Il traîne dans ma mémoire des douleurs plus qu'il n'en faut, une absence comme témoignage, il traîne beaucoup de toi...
Et pourtant je voudrais savoir dire que tu n'y es pour rien, que c'est la vie qui t'a repris et non toi qui l'y a forcée. Mais ce serait mentir...
Putain de vie, putain d'absence...et le silence pour faire passer...
