Le Chant des Sirènes...

Il faut avoir l'oeil avisé d'un preneur de rêve, l'âme un brin vagabonde et l'esprit accroché à rien de bien précis, tout juste calé dans la tête.
Il faut regarder venir ce qui sans doute est imperceptible et qu'on ne voit peut être qu'en fermant les yeux. Il faut s'oublier. Se faire si petit qu'un grain de sable nous emporte. Se muer en quantité infime pour ne rien troubler et se fondre dans la magie.
Et attendre... Se laisser bercer, chavirer, fouler par l'onde au plus profond de nous. Se lover dans les rouleaux de la Belle comme dans des bras trop ouverts. Et écouter venir son chant. Inlassable chavirement de l'être...
La mer est sirène, la sirène est onde, indissociables et complices... Transparences et chimères, aperçue et si vite disparue. Une vague si forte, si présente qu'on la sent prête à nous appartenir et qui, l'instant d'après se perd dans l'immensité. La saisir. Saisir cette vague comme le corps d'une sirène...juste une fois et préserver l'instant et ce doux murmure de l'onde...

Et la voir... Enfin, dérouler son corps voluptueux sous nos yeux. La Belle Sirène sortie de l'onde et que caressent nos regards.
Savoir que ce n'était pas un rêve, et qu'il suffisait d'attendre...
D'y croire sans doute aurait suffi.
Où va le rêve, où s'arrête l'infini? Croire que tout est possible jusque dans l'absolu.
Mettre une part de folie dans ses yeux et de la beauté en chaque paysage.
Qu'importe au fond que les sirènes existent... Ce chant qui nous vient de la mer a des murmures qui flattent les poètes. Et se laisser griser ravit les coeurs bohème.
Mélodie de l'onde sans cesse renouvelée, l'appel du grand bleu. Ce soir se bercent mes rêves sur ce lit aquatique et je cale ma tête dans les mains de la Belle.

Sirène, ô tendre muse qui trouble le marin, laisse ce soir encore l'encre de tes cheveux caresser mon visage, laisse mes mains courir sur ton corps si fluide, laisse moi rêver de toi, laisse moi t'exister...
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