Au bord du monde...

Roussillon Mai 2004
Emporte moi.
Apprends moi à voler, moi qui n'ai jamais su. J'ai si souvent failli tomber de ce nid devenu trop petit.
Emporte-moi, au creux d'une aile, au creux d'un bras, du bout de toi. Je n'ai que peu de bagage, juste ce début d'histoire qui ne pèse pas encore trop lourd mais que je ne peux me résoudre à laisser dans un coin.
Ne ris pas de mes maladresses, c'est que je voudrais tout prendre peut-être et que mes bras n'y parviennent pas. J'ai des battements d'ailes plein la tête et je n'ai jamais su te suivre.
Voler, moi je ne sais pas.Je n'ai capturé l'horizon que pour y déposer mes rêves et je ne voyage qu'en fermant les yeux. Je me suis posée au bord de toi sans équilibre, sans garde fou.Emporte-moi avant que de me retourner ne me fasse tomber.
Apprends-moi d'autres vertiges qui ne chavirent pas que le corps.Je suis au bord du nid, comme au bord d'un envol. Je suis au bord de mon monde comme en attente d'un ailleurs.
Emporte-moi.A tire-d'ailes,à tour de bras, je ne sais pas.Vole moi mon corps, vole moi mon âme, vole avec moi tous ces instants qui s'éparpillent autour de nous. Rassemble tes envies, mélange les aux miennes pour faire de nos désirs le plus douillet des nids.
Il fait chaud dans mon nid, il fera chaud dans tes bras et si l'un peut se détruire, l'autre perdurera.
Emporte-moi, qu'importe ce monde dont tu m'échappes.Apprends-moi à voler. De toi à moi, de moi à nous un battement d'aile comme un battement de coeur.
Conjugue-moi dans ton espace, remplis avec moi les silences. Le bord du monde nous attend. Je tremble déjà d'impatience. Je ne sais ce qu'il y a derrière, de l'autre côté de mon nid. Mais ta main retient mes promesses, ta bouche attend toutes les saveurs. Que ton corps m'enseigne le reste pour voler sans plus attendre la volupté, tombée du nid...
