Un instant, si tranquilles.....

Fontaine de Vaucluse Mai 2004
Tout paraissait tellement tranquille.Tellement posé, tellement rieur.Le bruit de la ville était loin derrière et nous assis loin de tout. On avait juste pris en poche notre amitié et nos délires et laissé pour une fois aux autres les méandres des contradictions.Non, on était bien. Peut-être un peu seuls finalement mais sereins. On a pris, ce jour-là, enfin le temps de se regarder. Marcher chaque jour côte à côte devient fatiguant pour se voir.On s'est assis, face à face, et les minutes ont défilé.On avait tout à se dire et tout qui, brusquement, devenait important. Alors on a tout mis dans un grand éclat de rire. Parce qu'aucun mot n'aurait pu convenir.On n'a rien gardé en dedans de cette attente dévorante de se découvrir vraiment.
On s'est jeté à la face tous nos rêves pour qu'ils retombent en pluie sur nous, on s'est jetés dans les bras, jeté tout court, lancé l'un contre l'autre,
lancé l'un EN l'autre comme pour ne jamais en revenir.
Et tes bras se sont refermés. Ils se sont refermés sur tout ce que j'avais à t'offrir. D'autres l'auraient fait avant, toi tu as attendu.
Et cette attente a permis de tout donnr, et ce n'est qu'une fois sûr, que tu as tout voulu garder.
Comme un trésor précieux que l'on t'aurait confié.
Tout paraissait tellement tranquille.
On était venu là pour rien.
On est reparti avec tout.
Tout ce que tu m'avais donné,
Tout ce que tu avais reçu.
Et le soleil pouvait bien se marrer d'avoir versé ses étincelles, nous repartions heureux, avant que le jour ne nous cueille...

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