Avant.....

Publié le par L'amaraude ...

Le Net a cela de magique que vous pouvez y croiser le reflet de vos propres émois au hasard de n'importe quelle page. Je n'attendais rien le jour où j'ai rencontré la peinture de Sébastien Brunel, rien si ce n'est une émotion. Elles y étaient toutes...
Je vous invite aujourd'hui à partager celle qui m'a le plus émue, touchée : LE DESIR.
Son tableau ne dit rien et laisse tout deviner comme cet état de désir qui suspend le temps entre l'Avant et l'Après.

"Avant"




Elles sont là toutes les heures que tu as laissées à tes rêves. Rassemblées comme en une seule dans cette boule qui te serre la gorge.
Tu t'accroches au temps avec une impatience toute nouvelle et si mal dissimulée. Les minutes qui passent semblent d'interminables attentes. Tu déambules, tu tasseois, sur ton séant, sur tes envies pour ne pas qu'elles te bousculent. Tu tues l'ennui à coups de fantasmes éphémères.

C'est ton corps qui s'enflamme tandis que le mien se dessine sous tes paupières. Lentement et avec une indolence exquise, tu laisses glisser en toi les prémices d'un délice sans commune mesure. Tu te laisses gagner par la chaleur des mots que tu évoques, tu t'en imprègnes et il attisent petit à petit le brasier qui sourd en toi.
Et pourtant tu ne sais de la chaleur ou du froid lequel des deux te fait frissoner.Lequel des deux te brûle et te consume et révèle tes indécences les plus inavouées. Tu souris, de ce sourire béat qu'ont les gens heureux, de ce sourire gratuit sans autre retour qu'un incroyable bien-être.

Tu te soumets secrètement à ma volupté charnelle. Sans me voir, sans plus me sentir ou m'entendre, tu places entre mes mains des gestes insensés. Tu prêtes à mes lèvres des saveurs qu'elles n'ont pas.
Tu t'attardes sur des courbes que tu devines ou inventes au gré de tes ardeurs. Tu te délectes de ma nudité, mieux...tu la sublimes et ne tardes pas à m'habiller de déraison.
Mais je ne suis pas là.
Tu me caresses du bout des cils tandis que tout ton être me réclame.
Tu voudrais glisser tes soupirs dans mon cou, comme ton ventre entre mes cuisses. Tu voudrais pénétrer ma chair comme on découvre un secret sans en dévoiler le mystère. Garder pour toi le plus précieux, l'indicible, mais en connaître enfin la saveur.
Tu voudrais partager tout, rien, tu ne sais plus; ce petit rien de complicité qui est aussi un petit plus. Tu voudrais tout dire et tout taire à la fois pour ne pas trop te livrer, tout donner, t'abandonner et pourtant ne rien dévoiler.
La sensation est tellement grisante; et cette attente tour à tour délicieuse et pénible devient peu à peu le témoin de tes émois.
Tu vis comme une évidence cette décadence à venir. Tu perds lentement le contrôle de tes sens et te laisse aller à tes envies de débauches, de douceur et de folie.
Mais tes mains sont encore vides de moi, vides de ma présence, vides de mon désir.

Et moi, moi loin de toi je me sens être une autre. Une autre que tu ignores, que sans doute tu espères et qui me révèle. Comme si soudain tout en moi se réveillait. Je me découvre une douce folie qui me devient vite familière. Déjà j'entends tes secrets et les laisse se mêler à mes troubles.J'en imagine la teneur sans que tu n'aies dit un mot.

Je m'offre ta caresse au détour d'un fantasme. Tu n'es pas là et pourtant tout mon corps se gorge de toi. Tes promesses de plaisir se répandent déjà sur ma peau. Je sens le sel de tes lèvres s'insinuer dans mes mots, le miel de tes baisers descendre dans ma gorge, le nectar de ton corps se fondre dans mon ventre. Ma raison se dissipe comme un vieux sortilège et jen'ai plus de conduite que celle de ma folie.

Je ne sais plus la part de rêve, la part de vrai dans la sensation qui m'habite. Elle est dégagée de toutes mes peurs, de toutes mes appréhensions aussi comme pour ne retenir que le meilleur de toi, de moi.
Je laisse ma pudeur à d'autres habitudes et la plénitude me gagne.

Je la sais proche et inévitable cette osmose qui nous réunira. Tu y aspires tout autant que moi. C'est un accord tacite entre nos envies, un don sans limite, une conjugaison de tous nos Désirs....

Où que tu sois, rejoins-moi.......


Ce texte est né sous ma plume en 2003 dans un de mes nombreux "exutoires inachevés"...

Pour vous rendre sur le site de l'artiste Sébastien Brunel peintre cliquez simplement sur son nom.






Publicité

Publié dans Poignées de pognes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Superbe texte.Je te remercie de m'avoir amenée jusqu'à lui.<br /> Tes mots expriment exactement ce que mon âmeset mon corps ressentent dans l'absence, dans l'attente, dans la présence ...<br /> Bises<br /> MM
Répondre