Le Dédramathurge...

-"Madame,Monsieur, si vous voulez bien me suivre... C'est aujourd'hui qu'on vous enterre."
- "Sonnez la prochaine fois, je vous prie, vous me prenez au dépourvu. Pas le temps de savoir si demain eut été plus profitable. Permettez tout de même que je m'encombre de l'essentiel et que j'emporte pour ce voyage juste le meilleur de moi-même.
J'avais de mon vivant toujours une devise "quand ce sera fait ce ne sera plus à faire" alors en avant, allons-y pour la grande aventure, et vaille que vaille adviendra bien ce que pourra. Paraîtrait cependant qu'on ne meure qu'une fois. Humm! J'ai pourtant eu maintes fois le sentiment d'être morte et celui aussi que la vie ne servait pas à grand chose.Il semble à ce qu'on en dit que tant que l'on respire, c'est bon signe. Quitte à étouffer à l'intérieur?
Tenez, vous, le Dédramathurge, vous qui m'embarquez là sur votre radeau, vous le passeur et l'ersatz d'Anubis, savez vous ce qui se passe en dedans quand on dit "qu'on a mal à en crever"? Est ce qu'on en crèverait vraiment?
Est ce qu'on se dégonfle juste, on se dessèche et c'est la peau qui vient coller le coeur, le serrer à l'en faire mal?
Bon, assez palabré, montrez moi le chemin et je vous suis."
"N'ayez crainte, il n'y a qu'un pas..."
"Ah oui, je vois, le peu d'espace qu'il me reste entre ma vie et ce qui vient. Le chemin est derrière moi et non devant. Petit saut, grand saut? Peu importe. Alors j'irai en "pas chassés" si vous le voulez bien. Allez go, on n'a pas de temps à perdre pour mourir, les autres attendent...."
Oui, je m'éclate aussi dans le caustique. Le Dédramathurge vient me rendre visite de temps à autre et on papote. Il repart toujours avec quelque chose, un bout de vie, ou quelque chose qui m'encombre mais jamais avec mon humour aussi décalé soit il...
