Ca peut aider ...

J'ai 38 ans, un peu moins d'années de sagesse (lol), une passion pour l'écriture et l'autre pour la photo.
Entre les deux s'installent tous ces instants qui croquent sous la dent et dont je ne me lasse jamais de savourer le croustillant.

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 "Les Vivants et Les Morts" de Gérard Mordillat
Magistral, profondément attachant, le Germinal des années 2000

 Exotisme et dépaysement.

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Samedi 19 août 2006
Tutututu...tu tuuuuuuuuuuuuuuuu  !!!!
 
C'est censé être la trompette du matin; Le cor qui te réveille quand tu dors profondémment sous la tente, les fesses collées contre celles de ta voisine, les chaussettes trempées de la veille sous le nez, quand ce ne sont pas les godillots qui vont avec ou pire...le slip sale de la veille, de l'avant veille et...de toute la semaine....
Mmmmfffffff un bras puis un autre sortent du sac de couchage! Drôle d'odeur. Finalement valait mieux ne rien sortir du sac du tout et laisser tout cela macérer à l'intérieur... Comme chaque nuit.
Mais le cor insiste. Et moi aussi pour rester au chaud . C'est que dehors, j'en suis sûre il fait un froid à ne pas mettre un scout hors de la tente. Et pourtant....
Et puis j'y pense, les toilettes, renommés pour la circonstance en ....feuillets...sont au fond du bois...Le mot a l'air plus "propret" mais ça ne rend pas l'endroit moins crade! Va falloir prendre la pelle et ...les maudites bottes que j'ai laissées debout...sous la pluie! Cool !.....
Je pousse un peu la voisine vautrée sur ma paillasse et m'extirpe tant bien que mal du sac. c'est qu'on s'entortille là dedans. On se gratte aussi souvent. Oui on se gratte parce que manifestement ça gratte plus que d'ordinaire. Plus que quand on est propre. et du coup les petites bêtes s'agitent.... Les puces. Ces complices des prairies qui viennent profiter du ciel étoilé avec nous. Là, logées au fond du sac qu'on a eu le malheur d'étendre dans l'herbe, une nuit où mues par des pensées vagabondes on est allée taquiner les étoiles.
Ca gratte mais tant pis. on ne les trouve pas de toutes façons. Et puis, des bêtes, il y en a plein d'autres. Et la plus sympa se loge régulièrement au fond d'une de mes bottes et je secoue pourtant mais quel bonheur d'enfiler la chausse et...d'écrabouiller une limace visqueuse sous ma plante de pied... Un régal !
Enfin bon, la cheftaine continue de souffler dans son biniou. Faut que je retrouve mes fringues. Pffff ! ca n'existe pas les portes manteaux dans une tente et bon, huit nanas dans un tel fatras c'est à peine croyable ! La chemise bleue a des allures de déjà vu, déjà portée aussi mais qu'importe. en deux temps, trois mouvements et quelques gratouilles, j'ai ouvert la toile, mis le nez au vent et ça y est.
Ca y est c'est le bonheur!
Le chocolat fume dans la grande gamelle de fer blanc. il cuit sur le feu de bois et son parfum m'enivre. Il colle aux parois et les copeaux de bois s'envolent et retombe dans le lait. Il va falloir attendre encore avec impatience.....
Et cette odeur qui me suit partout. Cette incroyable odeur de pas frais qui s'est posée sur mon uniforme. C'est peut être celle tout bonnement que je suis sale, ou que la vie me colle à la peau, me happe et m'emporte dans des jours sublimes de découvertes, de nature et d'abandon.
On ne peut pas être scout et nickel ! on est l'un ou l'autre ! On vit dehors et ...on s'en fout. on vit dans l'herbe, la terre, les bois et le ciel. On va sur les routes, les chemins, dans les pierres et dans le sable. La tête est ailleurs. La tête est incroyablement joyeuse. Alors bon, que quelques petites bêtes nous accompagnent...c'est vrai que c'est pas terrible mais ...on verra ça demain...ou après. Le chocolat n'attend pas et le chemin qui défile sous nos pas non plus....
Souvenirs de mes années aux Guides St Georges
Lady
par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Mardi 15 août 2006

...A tant vouloir que l'eau y passe, à tant tortiller du balai pour que le temps y engouffre tout son bardas, me voilà à l'aube du jour avec 37 balais au poil ras et rien ce matin pour continuer de pousser tout ce beau monde sous ce fichu pont.

C'est qu'il faut en vouloir pour pousser tout ce que la vie draîne de moments d'émotions en souvenirs de l'autre côté, sur la rive où plus rien ne bougent autre que le souffle, le murmure et l'envie. J'ignore même pourquoi on s'évertue à vouloir à toute fin que l'eau passe ainsi sous les ponts pour voir avancer les choses....

Toujours est il que ce matin je regarde devant, je regarde derrière et miracle ou malédiction, je ne vois plus aucun balai...Disparus. Pas que le pont ce soit écroulé mais parce que....

Comprenez qu'un instant je souffle, qu'un instant je m'assieds pour contempler le travail laissé par ces 37 balais, un tombé entre mes mains chaque année, un tout neuf à chaque 15 Août. 365 jours à pousser sous l'arche de pierre parce qu'ils n'y vont pas tout seuls de l'autre côté et que pour les engranger il faut autant de volonté que de désir.

 

Et ce matin, le balai ne vient pas. Ce matin rien... Mon 38 ème balai aurait échu à un autre quidam? Se serait il perdu en route? Mais alors comment, comment faire passer cette année de bonheur dans le flot qui entraîne le présent vers demain? J'ai bien pensé me servir de mes vieux balais, tenter d'en extraire la substantifique moëlle pour y parvenir mais cela n'a pas suffit.

Finalement je vais aller y voir à pied. Aujourd'hui ce n'est pas l'eau qui va passer sous le pont mais moi. Je vais aller voir à Demain ce qu'il me réserve. De l'autre côté du pont j'irai non plus pousser les souvenirs vers demain uniquement mais si le balai venait à manquer, me préparer à tirer demain vers aujourd'hui...

J'entends le portable qui sonne. Un appel. une tite phrase magique.Et c'est celle qui me délivre et m'offre virtuellement, en quelques mots lâchés mon 38ème balai ...il n'y manque pas un poil . L'année promet d'être riche et il va y avoir matière à pousser tout ce qui pourra passer sous le pont, suivre le petit chemin que j'emprunte moi-même chaque jour. 

Méfiez vous quand même de ce qu'on vous dit dans le portable, de ce qu'on vous écrit aussi. Ca n'a l'air de rien de voir défiler sous nos yeux un "Joyeux Anniversaire" mais vous vous retrouvez surpris chaque année avec un nouveau balai tombé du ciel . Alors bon balayer c'est bien mais si quelqu'un pouvait m'aider à ranger tout le bazar que ça fait de l'autre côté ben je suis prête à lui céder quelques balais....

Petit ajout du soir :

Je vous remercie tous très vivement pour vos commentaires. il se fait tard et je n'aurai pas ce soir le temps de vous répondre individuellement. Mais je ne manquerai pas de vous rendre à chacun une petite visite pour vous découvrir et vous témoigner toute l'émotion que vos mots m'ont apportée.

Merci à tous

Lady émue.

 

 

par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Mardi 11 juillet 2006

Quand un(e) ami(e) s'en va...

La rue était vide, comme ce bruit sourd en moi. Vide comme mon corps que je ne portais plus et que je laissais errer sur le pavé froid.

La rue était vide comme ces espaces laissés entre les instants de bonheur, vides de rire, remplis de questions, remplis de pourquoi?

Ils n'étaient pas si loin les "heureux", les vivants, ceux qui hier encore dansaient dans mes pas, dansaient avec moi, m'espéraient tout bas.

Hier, aujourd'hui, comme un tournant de rue dans un tournant de vie. La mienne allait tout droit, droit devant et pourtant je suis là et je me sens si seule...

Ils riaient si forts ceux qui disaient m'aimer, ceux qui ne faisaient que croquer un bout de cette vie avec moi. On était si bien. Ca n'aurait pas du changer. J'osais l'espérer...J'y crois encore.

La rue est vide mais le pavé est teinté. Derrière les façades se cachent les derniers rires. Et nos pas restent gravés.

Il y a du soleil sur les murs comme autant d'éclaboussures. Mais je marche sans savoir comment, sans savoir pourquoi, sans vous voir.

J'ai les yeux pleins de larmes, et pourtant tellement de rire encore, et pourtant tellement d'envie. Je n'avais pas cette envie d'être triste. Je voulais seulement marcher, marcher  avec toi. Que tu me tendes ta main, que je te donne la mienne, comme ça, tout simplement, et me dire que ça ne changerait pas.

Mais la rue est vide et ce bruit en moi comme une déchirure. Ou comme un vieux rire qui s'étiole...

Demain, puis peut être plus tard, entre deux pas, entre deux bonheurs, entre deux espoirs je tournerai sans doute le coin d'une autre rue...et tu seras là.

 

 

par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Mardi 30 mai 2006

Comme le Temps passe... Comme le Temps se faufile goutte après goutte entre nos larmes, entre nos sueurs enlacées et comme il file entre nos doigts.

37 ans pour arriver au milieu de nulle part, tout juste au coeur d'une vie dont j'ai perdu le début et dont j'ignore encore la fin. Je me pose là ne sachant s'il me reste plus de vécu ou de choses à vivre, ne sachant pas grand chose en fait sauf marcher désormais dans le bon sens.

Car je n'ai plus peur. Plus peur comme à 20 ans où l'on songe que plus tard on aura des regrets. Des regrets, je n'ai pas le temps pour cela. Je suis trop occupée à vivre. A profiter. A engranger ce que les jours laissent derrière eux.

Les regrets viendront peut être à l'heure où il sera trop tard mais je veux être sûre alors de m'être accordée tous les plaisirs, tous les choix qu'il m'était possible. Et de n'avoir pour seul regret que ce fichu manque de temps.

Les années passent et s'entassent au rythme des souvenirs, les unes s'effacent, les autres sont trop courtes ou n'ont que trop duré. Si bien qu'on ne sait plus au fond quel âge a notre âme lorsqu'enfin on s'arrête un peu.

J'ai regardé devant ma porte et j'ai trouvé un tas de temps empilé là. Des heures creuses, du temps à perdre et de précieuses secondes. J'ai ficelé le tout et suis partie mener tout ça au bout du bout. J'ignore combien de temps il me faudra encore, j'ignore le nombre de pas à faire encore sur mon chemin pour arriver jusqu'au bout. Mais j'entends pulser en moi le rire enfantin de jadis, les heures joyeuses de nos fous rires, et résonner le son de vos voix. La mélodie du Temps se déroule et se perpétue sous mes pas.

Je voltige d'un souvenir à l'autre, d'un temps révolu à un temps incertain, des temps heureux à ceux qui m'attendent encore. J'égraine mes jours avec délectation;  comme des miettes éparses. Et chaque rencontre les emporte au vent vers d'autres chemins ou  les déguste avec moi.

Le Temps s'attarde dans ma Vie et je dois bien au jour de l'en remercier dignement.

par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Dimanche 19 mars 2006

Il y a des jours comme ça où je mettrais bien à sécher des "trucs" en plus sur le fil. Pour leur éviter de me pourrir l'intérieur ou pour simplement leur faire prendre l'air.

C'est qu'on court plus qu'on ne marche en ce vaste monde et qu'il s'en engrange dans notre carcasse de ces souvenirs, de ces ambitions, de ces choses qu'on fera "un jour".... Dieu sait où ça nous mène et combien de temps ça va prendre mais en attendant tout ça s'empile en vrac dans la bonne femme et parfois, je peine moi-même à m'y retrouver....

Alors, j'aimerais bien parfois devenir réversible: mettre le dedans dehors comme on retourne un sac pour le vider plus aisément. Et faire le tri. De prime abord, l'image peut faire désordre, mais tout est fonction de l'endroit où on choisit de s'étaler...

Parce que,  si j'en crois les empêcheurs de tourner rond comme carré, et autres pourfendeurs de liesse, les "jours peut être" ne sont guère cumulables et il est de bon ton de faire le choix judicieux dès le départ pour être sûr d'en vivre au moins un... Oui mais le hic, c'est que des occasions de se dire "un jour" on fera ceci ou cela, il en arrive "tous les jours" justement....

Et c'est là que le bas blesse et qu'il faut donc le retirer. Parce que j'entends bien vivre ces "un jour" comme autant de promesses. Et je les vivrai tous.

Aussi, il n'y aura pas de tri. Pas plus qu'il n'y aura à l'avenir ce petit mot assasin dans mon vocable. "Un Jour" c'est déjà comme l'aveu de ne pas pouvoir, c'est surtout se refuser à savoir quand, mais l'espérer quand même. Et puis...il y a d'un coup tellement de choses à faire Avant.

Alors non, je retourne la peau, le sac, je me retourne en somme et je me dépêche de tout faire, à partir...de tout de suite. Dès fois que la vie soit trop courte. Des fois qu'"un jour" ne soit "jamais".

Décider à chaque réveil, qu' "Un  Jour" puisse être "Aujourd'hui"... et partir tout retourné, vidé de cet espoir qui dévore et finit par user  parce qu'aujourd'hui justement il y a un tas de choses à faire qui n'attendent pas, qui commencent déjà. Alors suis moi...

par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Jeudi 24 Août 2006
 


"Regarder autour de soi
bien au delà même parfois
ou tout près, cela dépend
de la grandeur du bonheur à venir"



Lady Angel
 

 


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