Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Concours

Publicité

Au fond des poches

Mardi 15 mars 2005
...de la journée sera celle qui trotte dans mes envies depuis longtemps, depuis toujours peut être; celle d'aller un jour me faire toute petite au bout de nulle part pour voir cela...juste une fois.


       


"Aurores Boréales au Québec"

Merci au "bandit de nuit" de les avoir amenées jusqu'à nous...






Par L'amaraude ...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 17 mars 2005
C'est idiot parfois comme on s'attache aux images du passé avec l'intime conviction qu'elles sont immuables.



Quelque part du côté d'Imotski


J'avais gardé de ce souvenir à peu près tout; parce que trop grand, trop authentique pour se perdre dans le temps. trop décalé aussi rapport à ma vie d'ado qui commençait tout juste.
C'était hier je crois, où vingt-cinq ans plus tôt, je ne sais plus. Et voilà que la torpeur me gagne à nouveau. Une chaleur d'été qui dort sous chaque pierre, sous chaque brin d'herbe craquant sous mes pas. Le soleil lui-même s'est étalé de tout son long sur cette terre qui le porte.
Il règne des senteurs étranges au détour des ruelles. Des odeurs plus que des parfums qui forceront plus tard le souvenir. C'est qu'ici rien n'est comme ailleurs. Ni le temps, ni les êtres, ni les choses. Le décor lui même a quelque chose qui m'interpelle, de si singulier et peut être hors du temps.
Ici je ne retrouve rien de ce que j'ai laissé dans mon pays. C'est un tableau nouveau que je découvre avec des couleurs qui ne sont pas les miennes. Il se dessine sous mes yeux ébahis, un peu plus chaque jour et ne devra je crois plus jamais s'effacer.

Il y a d'abord ce puits; ce puits à tout faire.Ce trésor de fraîcheur qui sourd dans la terre aride. On l'ouvre comme un tabernacle sacré recueillant le plus grand des trésors : l'eau. Ici, où l'on manque de tout pour la citadine que je suis, on ne manque pourtant jamais de l'essentiel. Et de me montrer avec force fierté la profondeur de ce receptacle et ce qu'il contient, invite au plus grand des respects.

Parce qu'ici, on fait de la générosité une ligne de conduite, de l'abnégation un savoir-vivre. Il faut choyer ses hôtes même lorsque l'on n'a d'autres moyens de le faire que d'ouvrir sa maison.
Ils avaient l'air pourtant si austères à notre arrivée au village ces deux petits vieux sortis d'une autre histoire, tellement trop vieux, tellement ridés qu'on aurait dit qu'ils avaient passé leur vie à nous attendre. Ils étaient couleur de terre. En dedans comme en dehors. Imprégnés d'une vie dont il n'aurait jamais eu l'idée de changer je crois, ancestrale et tellement liée à ce petit bout de paysage.

A suivre....................... Postranje Croatie 1980




Par L'amaraude ...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 18 mars 2005





Crveno Imotski


Là, devant nous le sublime.....

Lové dans son écrin aride,comme pour mieux nous surprendre, le Lac Bleu se révèle.

De bleu, il se teinte de noir et sa beauté nous fascine alors que nous en arpentons les parois escarpées.

Je me suis laissée dire -aurais-je été dupée par ma crédulité d'enfant que je le croirais encore par magie- que mon grand-père, accompagné de quelques gamins du village, aurait maintes fois bravé l'interdit...et la témérité pour escalader la roche et plonger, quelques trente mètres plus bas, dans le cratère.

C'est un défi que pour ma part je ne relèverai pas quand bien même j'aurais grandi.....




 
Par L'amaraude ...
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 19 mars 2005




Région d'Imotski


Le jour s'est levé à 5h00 je crois. A l'heure où se sont faits entendre les premiers murmures.
Ils sont allés grandissants avec l'aube naissante jusqu'à éclater en voix tonitruantes sous mes fenêtres.
Les hommes sont prêts.
Massifs et burinés par le soleil ils ont dans les yeux et dans l'allure tout le courage qui sied à leur labeur: ils partent aux champs et déjà les plus hardis sautent dans les tracteurs.
Je vais attendre leur retour pour me lever. Je sais qu'ils en auront encore des choses à raconter, pour remplir de phrases étonnantes ma curiosité d'enfant.

D'autant plus "étonnantes" que je ne comprends rien à ce qu'ils disent. Enfin si. Aussi étrange que cela puisse être, nous nous comprenons non par la langue que nous parlons mais dans l'expression que nous y mettons. La langue croate n'a jamais été une barrière pour parler avec notre famille. Les sourires, les gestes tout a concordé à ce qu'il n'y ait jamais de moments en suspens entre deux phrases. Et quand bien même, ma grand-mère était là pour traduire...

Dans notre petit groupe d'enfants, auquel venait s'ajouter tous les gosses du village, on parlait comme on pouvait, français, croate ou ni l'un ni l'autre et un peu des deux. J'ai toujours trouvé cela fabuleux de réussir à se comprendre sans barrière. A croire que les 400 coups à faire en Yougoslavie étaient les mêmes qu'en France, parce qu'on s'en est payé des sacrées parties. Les vélos n'avaient pas de freins. Pour s'arrêter il fallait au mieux pédaler en arrière (ce qui n'est pas un réflexe inné en soit !) ou in extremis dévaler la pente du village à fond de cale et sauter du vélo tout en fonçant dans le mur de la dernière maison... Cela nous a valu des scènes plutôt cocasses !



 
Par L'amaraude ...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 19 mars 2005
et senteurs du petit matin..

 


La tête encore mouillée et les cheveux en bataille, j'entends qu'on s'agite autour de moi. L'eau glacée, toute juste puisée, me coule dans la nuque et je ne peux retenir un frisson.
Sitôt réveillée, sitôt levée et parée pour une journée pleine de tonus.
Ici pas de commodités. La toilette se fait dans la cour de la maison avec comme seul espace pour s'ébrouer, une vieille bassine en plastique.L'eau du puits fait le reste. Un coup de fouet instantané qui lave aussi les vieux restes de sommeil.

Avant d'aller déjeuner il faut au préalable se rendre dans l'endroit le plus incongru du décor...:
Juste au-dessus de la fosse à cochons..................
Franchir les frêles planches qui mènent au cabanon de bois. Surtout ne pas faire un faux pas, au risque d'aller régaler la ménagerie et de s'enduire de la plus odorante des décoctions. Ceci en dépit des  araignées et autres serpents qui font de ce parcours, un parcours du combattant.
Ouvrir délicatement la porte, et ne rien chercher de ce qui "chez nous" serait élémentaire en cet endroit. Il n'y a ni trône, ni lumière. Juste une planche de bois percée en son centre et qui laisse la vue aux verats. Voilà qui suffit à amuser les gosses que nous sommes, à la remarque prêt que se rendre seul, la nuit dans cet endroit nous rend un peu moins fiers...


  

L'unique ruelle dont je me souvienne serpente entre les murs de pierre. Les maisons semblent écrasées sous le poids du soleil et les portes de bois sont si épaisses qu'elles semblent ne jamais devoir s'ouvrir.
Le sol est sec et la poussière se soulève à chacun de mes pas. Déjà, là haut je sais que l'on m'attend. J'ai laissé derrière moi les odeurs ô combien significatives de "l'espace intime" pour enfin trouver de véritables délices olfactifs. Un verre à la main toute la famille est réunie pour le breuvage "qui l'fait bien" comme on dit. Le petit coup de "rakija", l'équivalent de notre goutte est manifestement l'un des secrets de l'énergie locale. Nous nous dirigeons ensuite dans la fraîcheur des arrières cours. Là, coincée entre deux bâtisses de pierre, la cour nous reçoit en une imposante tablée. Je reste impressionnée par ce qui me semble encore aujourd'hui être le plus gros tas de tranches de gruyère jamais vu. A côté il y a la gigantesque marmite. La pénurie de café oblige à servir une boison plus lactée que caféinée à la douceur exquise. Et puis surtout, il y a le jambon. CE jambon comme une madeleine de Proust et dont je ne suis jamais parvenue à retrouver le goût unique. Fumé à même la braise et séché depuis des lustres, il a cette saveur authentique et parfumée qui semble mêlée d'herbe et de viande sauvage. Son fumet est unique, prenant, rond et rustique. Ah! la quiétude de ce petit déjeuner là n'a jamais été égalée depuis. Je la retrouvais chaque matin avec le même régal au fond des yeux. C'était un moment de partage comme on en trouve dans les lieux où les gens n'ont rien d'autres à offrir que leur présence et le produit de leur travail. L'idée n'est venue à personne de demander autre chose que ce qu'on nous servait alors. Nous faisions nous aussi partis du décor avec la joie de vivre et la simplicité que cela imposait...


Postranje Croatie 1980











Par L'amaraude ...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus