Ca peut aider ...

J'ai 38 ans, un peu moins d'années de sagesse (lol), une passion pour l'écriture et l'autre pour la photo.
Entre les deux s'installent tous ces instants qui croquent sous la dent et dont je ne me lasse jamais de savourer le croustillant.

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Magistral, profondément attachant, le Germinal des années 2000

 Exotisme et dépaysement.

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Jeudi 17 août 2006

Ca sentait la lessive dans la cuisine, comme au temps jadis où ma grand mère lavait son linge dans la grande baignoire sabot.

Mais il y a grand temps que ma grand mère ne lave plus rien, ni de son linge, ni de son corps, rien...de rien.

Et pourtant cette odeur, cette lessive blanche et ce linge qu'elle battait à la main sur sa planche de bois. J'ai une dizaine d'années dans ma tête et vingt huit ans de souvenirs et je la regarde encore faire du vent à grands tours de bras, battre et battre encore ce linge qui n'en finit pas de blanchir.

Pourquoi j'ai ouvert la porte ce soir. Pourquoi ce parfum a t'il envahi la pièce alors que rien ne l'y invitait. Y'a pas de linge dans ma cuisine et ma grand mère n'y a jamais mis les pieds. D'ailleurs, il y a bien des années qu'elle ne met plus les pieds nulle part. Depuis qu'elle les a glissés dans ce lit, depuis qu'elle est devenue trop vieille.

Elle ne bouge plus et pourtant, je suis sûre que ses rêves vagabondent encore. Ses rêves mus en envies de partir qui ne ressemblent plus aux nôtres. Elle qui ne peut plus bouger. Elle qui ne peut que parler et avec tellement de peine depuis sa petite chambre.

Et ce soir, ce soir ses souvenirs, nos souvenirs sont venus envahir mon antre. Pourquoi? Pourquoi ce linge blanc qui m'éblouit encore? pourquoi ce doux parfum comme un rappel du temps?J'avais tellement de soleil en coeur avant d'ouvrir cette porte. Trop insolent peut être?

Je me demande pourquoi; j'ai peur sans doute. J'étais si heureuse que j'étais sans doute trop loin d'elle.

Ca sentait la lessive dans ma cuisine. Comme si ma grand mère était passée par là .... avant de partir.

Faut que je retrouve mon soleil bon sang, ouvrir la fenêtre et se dire que ce n'était rien qu'un parfum dans le vent...

 

par Lady Angel publié dans : Pognes ridées
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Dimanche 12 mars 2006

 

Bretagne indolente...

Un bout de terre qui règne balayé d'herbe tendre,

De lande ou de bruyère et de quelques prières.

Telle une halte où viennent mollement s'étendre

Comme soumis, les derniers reflets de la mer.

Un petit port où quelques bisquines à la traîne

Voguent encore à l'heure du soir, quand tout s'efface.

Et chantent les rebelles, du quai à la taverne,

Les forbans au grand coeur, les filles un peu lasses.

Et puis le vent du large, cet air à leur image,

Eliminant l'abri et ravissant la bête

Une brise, un paysage de rochers et de plages

Caresse ou bien sursis sous le "ris" d'une mouette.

 

Enfin une chapelle comme recueil à nos rêves

Toute entière de granit et de quelques genêts

Une voix comme un appel en cette aube qui se lève

Couverte d'insolite et de vagues secrets.

par Lady Angel publié dans : Pognes ridées
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Mercredi 1 juin 2005

Photo de...

Pendant longtemps je n'ai pas été sûre de me trouver jolie.

Aujourd'hui je n'ai plus le loisir d'en douter.

Ma peau s'est fânée, enveloppant mes rêves sur eux-mêmes dans cette prison de chair.

Ma vie s'est réduite à mon corps et tout est en dedans, mes souvenirs et ce qu'il reste d'avenir.

On me croit déjà éteinte mais la lumière est à l'intérieur. Elle n'a pas quitté encore mon petit coeur flétri. Je suis fatiguée de vivre mais pas fatiguée de la Vie. Ma jeunesse est intacte, c'est juste le temps qui a passé.

Les gens parlent à ma place pour m'éviter de réfléchir. Ils m'assistent dans mes mots comme ils le font dans mes gestes; On commence à mourir pour les autres bien avant qu'ils ne le sachent. Quand plus rien ne dépend de nous, quand tout ce que nous sommes semble leur appartenir.

Alor on finit par se taire. Ils ont l'air si sûrs de savoir pour nous.

Je les regarde et je les entends tirer des plans sur la comète, se mettre en tête que je vais plus mal qu'il n'y paraît et qu'il faudrait faire quelque chose.

M'aider à partir ou me retenir pour vivre encore un peu? Quel dilemne!

Il y a les vieux et les jeunes. Ceux qui dérangent et les autres. Ceux dont les autres ne savent plus quoi faire. Ceux qui croquent la vie avec arrogance comme si elle leur appartenait. Et ceux qui la portent en eux.

Je suis un vieux corps, je suis une vieile femme mais avec des émotions neuves. Le printemps hier n'avait pas cette couleur...que je me souvienne...

Il reste au creux de mes mains tant d'espoirs inavoués. Mais je ne veux plus me retournee; A quoi serviraient les regrets? A ton âge on peut se le permettre, au mien on ne peut qu'avancer...

J'aurais tant de choses à vous dire que vous ne semblez plus entendre. La vie ne se démode pas et mon vécu ressemblea au vôtre. Mais à quoi bon?

Je suis la mémoire d'une famille, celle de mes petits enfants. En mourant j'emporte un peu de leur enfance, beaucoup de leurs souvenirs et je m'en excuse.

Votre vie a été la mienne en d'autres temps. Moi aussi je me suis crue invincible et je regardais les "vieux" avec respect mais aussi quelque peu d'indifférence. Je ne savais pas quoi leur dire et je me disais que jamais je ne serai comme eux;

Parce que j'avais tous mes rêves en poche et l'insouciance de mes 20 ans. Le monde m'intéressait et j'intéressais les autres.

Si seulement , si seulement la vieillesse n'était qu'un mot, on pourrait sans doute se comprendre...

Sans que je sois oubliée, sans qu'on m'enterre vivante.

Paroles pour ma grand mère  cloîtrée chez elle, depuis des années et dont les 87 printemps n'ont plus toujours la couleur du bonheur...

 

par L'amaraude publié dans : Pognes ridées
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Lundi 14 mars 2005


"Mon cher Jean
J'ai trouvé en rentrant de permission la lettre du (?) command. Merci. Je t'adresse à Paris pendant que tu y es. Alors laisse moi profiter de l'occasion pour venir t'offrir mes voeux. D'abord une bonne santé (...) et puis vite la fin de ce cauchemar. Fais part de mes voeux à Madame Cuilly et ton fils. J'aurais bien voulu te voir à Paris quand moi. Enfin ce sera pour l'année prochaine, soit en permission ou pour tout de bon. Mais tu sais je ne suis guère patriote dans ces tranchées pleines de boue. Enfin prenons patience. J'espère que tu ne seras pas comme moi à Paris. Moi j'ai eu le cafard pendant toute ma permission aussi (ça) vous dégoute Paris.
Allons bien cordialement à toi. Ton ami..."


J'ai retrouvé, avec forte émotion, cette correspondance en fouinant dans mes vieux papiers. Elle m'avait été envoyée pour les voeux également, en plus d'une carte très festive...comme d'ordinaire.
Voilà qui a permis de rendre de l'authenticité à des voeux que je trouve quelquefois manquant singulièrement de véracité....


 
par L'amaraude ... publié dans : Pognes ridées
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Dimanche 6 mars 2005



Des petits pas dans la neige. De minuscules traces qui froissent l'immensité blanche.
A des milliers de kilomètres ou peut être même à quelques mètres, elle ne sait pas, tout est figé dans ce grand manteau immaculé. Il lui semble qu'il fait froid depuis si longtemps...
Elle n'a jamais passé la barrière, celle qui marque la limite entre ce qui est permis et ce qui ne l'est plus, entre son champ et celui du voisin.
Ses petites mains se serrent autour du bâton de bois, pour ne pas se figer. Son coeur lui-même se serre dans sa poitrine. Il fait si froid.
Pour sûr, elle n'oubliera pas ce jour d'hiver. Elle le sait.
Hiver 1923. Cela s'inscrit en lettres capitales dans sa tête. Il fait si froid. Sa main tremblerait sans doute de vouloir l'écrire. Elle tremblerait de toute façon. Et puis, elle ne sait pas écrire; elle ne saura jamais.
Se souvenir. 1923, cinq années après sa naissance. Quelle naissance d'ailleurs? Elle est juste posée là aujourd'hui et regzrde le monde du haut de son petit être. J'ignore si elle pense qu'elle partira un jour. Partir. Marcher.
Face au grand blanc elle sait que c'est impossible. Et puis elle n'a pas le droit. Et puis...il fait si froid.
Ses pieds nus s'enfoncent dans la neige. Maudite neige.
Maudit froid. Il faut rappeler les bêtes et rentrer.
A la ferme on l'attend. Quelques flocons tombent à nouveau.

Yougoslavie 1923. Un souvenir qui ne m'appartient pas et qui, placardé dans ma mémoire d'enfant, me revient à la face lorsque, nantie et ingrate que je suis, j'ose parfois penser que ma vie n'est peut-être pas si chouette...






 
par L'amaraude crokmitaine publié dans : Pognes ridées
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Jeudi 24 Août 2006
 


"Regarder autour de soi
bien au delà même parfois
ou tout près, cela dépend
de la grandeur du bonheur à venir"



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