Ca peut aider ...

J'ai 38 ans, un peu moins d'années de sagesse (lol), une passion pour l'écriture et l'autre pour la photo.
Entre les deux s'installent tous ces instants qui croquent sous la dent et dont je ne me lasse jamais de savourer le croustillant.

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 "Les Vivants et Les Morts" de Gérard Mordillat
Magistral, profondément attachant, le Germinal des années 2000

 Exotisme et dépaysement.

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Dimanche 6 août 2006

(Motif de la Grande Mosquée d'Ispahan. Iran)

Quand les mots ne parviennent plus ni à dire, ni à taire,

Quand la Révolte elle même  se révèle un combat

Je veux crier au monde combien j'aime ma terre

Mon Liban, mon histoire et combien je veux vivre...

A Toi Sando...

J'invite chacun à te rendre un hommage à sa façon en cliquant

ICI

par Lady Angel publié dans : Les pognes serrées
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Lundi 27 mars 2006

Photo perso de la "sentinelle" vue du dessus

Ilest revenu s'asseoir. Presque à la même place. Presque à la même heure.

D'un geste séculaire il a refermé la porte derrière lui. Il se croit seul dans cette cuisine. Il ne la regarde même pas. Et bientôt il ne regardera même plus ce décor qui pourtant l'accueille chaque jour et qu'il ne connaît même pas. Son regard est ailleurs. Dans l'océan où il se perd, il a trouvé son phare, sa "sentinelle de l'obscur". Il communie avec un horizon que nous ne percevons pas, logé au fond de son bocal de verre, sa sacrosainte bouteille.

Il a déjà l'air d'un goujon en mal de flotte, d'un affamé en mal de tout, d'un alcoolique en mal de boire. Mais il ne le sait pas. Il n'y a que nous pour nous intéresser à son cas -parce que, pense t'il, nous n'avons sans doute rien de mieux à faire.
 
Il n'y a rien à reconnaître de l'être aimé. Il s'en fout. A l'heure qu'il est, comme une évidence, il se fout de tout. Le jour, la nuit, les autres... Il ne sait comment bazarder ce sourire qu'il avait aux lèvres en entrant. Il l'encombre et lui trouve un goût amer, un goût qui poisse.

Nous sommes revenus nous asseoir. Presque à la même heure. Comme chaque jour. Nous causons fort pour masquer tout. Mais ce que nous ne pouvons entendre, nous le devinons tous:
Il fait semblant de tatônner. Il ouvre la lourde porte du frigo d'où il extirpe l'élixir. Le clac du buffet où se cachent les verres et là, au milieu du discours -que personne n'écoute- l'instant d'après. Cet instant où le fiel se déverse dans la coupe.

Le pinard est dans le verre. ....Etait....Est à nouveau....Trépasse....Et l'homme avec...
.
C'est un être gorgé, embué,"acerveauté", loqué, pitoyable. Mais d'une pitié qui frise l'écoeurement. Non, je n'en rajoute pas pour les effets de style! Il se mue en débri; Un débri, même petit, reste un débri. Et lorsqu'il tente de nous prouver le contraire au plus fort de cette condition, c'est affligeant.

Bien sûr il y a de la souffrance. Plus grande est celle de voir ou de boire? Je n'ai pas cette réponse. Mais la souffrance si elle explique, et parfois excuse, la dérive, n'enlève rien à l'image dégradante de l'être aimé. Et si lui enferme tous ses espoirs dans cette bouteille, les nôtres ne sont nulle part.

Il est revenu s'asseoir comme il a pu. Vautré, mal calé au milieu de nous. Il a remis son sourire sur ses lèvres, comme il a pu, mais il n'a pas tenu. La démarche est chancelante, les mots aussi. L'horizon vascille au bord de ses yeux, prêt à tomber, rêve déchu.

Il ne parle pas. Il mâche les mots comme des éponges.

Nous nous sommes tus. Presque au même moment.
La bouteille est vide. Le silence aussi....

Il se lève. Titube. Râcle la porte. Tombe...et ne se relève pas. Il s'écroule. Telle une serpillère endimanchée.

Mon amour a un goût qui poisse, il se dérobe. Une sorte de haine le happe à grandes lampées.

Et pourtant...je l'aime.Je ne veux pas qu'il reste là. Mais qu'il se relève et qu'il aille se coucher.

Et puis, il faudra penser à enlever cette porte....




par L'amaraude publié dans : Les pognes serrées
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Vendredi 3 mars 2006

Fiction.Souvenir.Fiction. Souvenir. Fiction. Souvenir.

Il n'avait rien compris... Je doute même aujourd'hui qu'il y ait un homme qui puisse comprendre. Un homme qui puisse me suivre dans cet amour là.

Un ami, un amant, un mari... au fond qu'est ce que ça pouvait faire? Ca donne juste quelques mauvais plis à la vie mais ça n'empêche pas de s'endormir dedans. Des mauvais plis, des plis froissés comme autant de rêves que je perdais au fil du temps. Il y avait ces mots, ces mots tendres qui ne venaient pas, qui ne venaient plus et qu'il me disait presque n'avoir jamais parlés... Il y avait alors ces mots qui hésitaient, ces mots froissés entre nos deux vies que je ne reconnaissias pas, qui riaient trop fort, qui n'avaient plus de voix...

C'était comme, comme si son corps n'avait plus besoin de moi, comme si, comme si ses mains tenaient fermée leur chaleur, comme si être à lui c'était être à personne. Je ne savais pas ce que j'avais pu dire, je ne savais pas ce que j'avais pu être pour qu'un bonheur si fort devienne un souvenir, pour que l'envie de le vivre, si intense, si belle, si porteuse aussi se conjugue à présent au passé.

J'avais mal. Pas mal de l'impossible. Mal de l'absence. Mal de ce que j'avais donné pour le vivre non de ce que j'avais donné pour y croire. A cet amour là.  A cet instant de vie, à cette trêve qui nous ressemblait tellement. A laquelle il semblait tellement donner d'importance.

Et puis est venu l'Après... Celui qui fige les distances, les émotions et les sourires.

Et ses mots se sont froissés. Ses mots qui se sont confondus comme ses souvenirs. J'ai eu peur qu'il oublie. Peur qu'il devienne plus facile de se mentir à soi-même que d'y croire. Et j'ai vu la vie reprendre le dessus. Et ce qui me paraissait énorme, ce qui l'était aussi, est devenu d'un seul coup plus petit, plus ténu de sa vie à la mienne juste rangé entre deux plis. J'étais "rangée, gardée dans un coin de sa tête"... gardée au chaud pour les vieux jours.  Et pourtant.....

Pourtant il en rêvait de ce jour où il pourrait me dire "je t'aime", de ce jour où je ne serais qu'à lui, de ce jour où il pourrait tout me donner. Pourquoi l'aurait'il dit sinon? Pour effacer les plis? Pour me voir sourire ou pleurer?

C'était peut être idiot d'y croire. Je ne sais pas. Et ça m'importe peu. On retiens toujours les paroles que l'on veut pas forcément celles qu'il faudrait.

Mais lui, lui avait il vraiment pensé un jour n'être "rien qu'à moi"?......

La vie garde sans doute ce secret dans ses plis.....

 

par Lady Angel publié dans : Les pognes serrées
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Vendredi 17 février 2006

A deux pas d'ici, à deux pas de soi, pousser juste un peu plus loin pour aller poser ce qu'il reste d'envie.

On se fabrique des rêves que l'on force à maigrir dans nos vies étriquées mais il suffit parfois d'un verbe, d'une solitude pour qu'ils explosent à nouveau, pour qu'ils soient même encore plus beaux.

Je me souviens. Ce n'est pas si loin. Je me souviens et mes yeux rient encore, de cette buée sur les carreaux. Je me souviens de tout, comme si c'était hier.

Et, tu vois, il traîne encore dans ma mémoire des couleurs plus que des mots, des chaleurs plus que des paysages, il traîne un peu de toi.

Comme si, d'en entendre l'écho faisait vibrer ton rire, comme si, au creux des choses, comme au creux de moi-même vivait ta délivrance.

Je marche dans le sable, comme on marche à tâtons dans une vie d'errance et de découvertes. Tu m'as lâchée avant même de m'avoir tenue dans ce monde où je m'apprends sans me connaître parfois.

Ta main, ta main qui a quitté la mienne alors que je cherchais tes bras. Petit Père ce soir encore il fait froid dans mes tourments. Si longtemps que tu es mort, c'est comme si tu l'avais toujours été. Tu m'as toujours manqué, vivant comme absent. Hier comme aujourd'hui. Je suis née avec l'absence d'un père que j'ai tendrement aimé mais  qui m'a volé mes plus belles années.

Parce que marcher à côté de toi, y vivre chaque jour n'était pas forcément exister l'un pour l'autre. J'avais 16 ans, peut être plus et je n'ai pas oublié,  tes silences, ta déchéance et mes regrets.

Il traîne dans ma mémoire des douleurs plus qu'il n'en faut, une absence comme témoignage, il traîne beaucoup de toi...

Et pourtant je voudrais savoir dire que tu n'y es pour rien, que c'est la vie qui t'a repris et non toi qui l'y a forcée. Mais ce serait mentir...

Putain de vie, putain d'absence...et le silence pour faire passer...  

par Lady Angel publié dans : Les pognes serrées
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Lundi 30 janvier 2006

Eric,  le hasard a fait ce soir que ta photo vienne servir mon texte...mes souvenirs et mon humeur.

Merci à toi...ptit frère,

Pour voir la photo dans son contexte original cliquer ici

J'ai failli m'asseoir. J'ai failli balayer la neige comme autant de souvenirs et aller me percher sur un bout du temps, sur un bout du banc.

Et puis... Et puis je n'ai pas sû de quel côté aller poser l'attente. Du côté du passé, du côté de l'après? Je me suis trouvée entre deux certitudes, celle du bonheur vécu et celle de l'avoir perdu, ou peut être égaré et l'idée de m'asseoir  du côté de demain  comme d'hier m'a fait tout autant de mal.

Et pourtant. Pourtant je me suis mise à penser que le manque de ce qu'on a aimé, de ce qui nous brûle au ventre comme aux heures heureuses, ce manque c'est aussi tout le reflet, toute la mesure d'un plaisir. C'est dans l'absence que l'on retrouve un parfum pour se souvenir, un geste pour chavirer, un corps entre ses doigts.

C'est surprenant comme à se souvenir, à vouloir  entendre un rire en substance peut procurer tant de peine,   d'évoquer une ancienne caresse semble creuser les  blessures et comme le goût même d'un baiser donne à nos larmes un goût amer. Se souvenir.... Et ne plus savoir où s'asseoir. Ou poser son chagrin quand on pensait ne plus y goûter. Et se trouver bien emprunté d'en avoir soudain plein les bras.

Rester bêtement à regarder passer les gens et les laisser s'approcher. Les deux là-bas,insolemment amoureux, étonnament heureux vont bien finir par se lasser de tant d'accolades, de tant de baisers volés. Rester bêtement à voler leurs secrets, à voler un brin de leur bonheur, dont on se fout d'ailleurs, puisqu'on se fout de tout...

On voudrait juste savoir où s'asseoir pour ne pas avoir l'air surpris. Pour ne pas que le temps passe, comme ça, en balayant tout.

Je regarde tomber la neige, tomber mes larmes, tomber mes étoiles sur le pavé. Non d'ailleurs, il n'est pas tombé d'étoiles, pas plus qu'il n'est tombé de soleil. Il y a juste, ce quelques chose sur ce banc, je le vois, qui m'empêche en fait de m'asseoir.

Il y a....un fatras de souvenirs qui s'étale entre hier et demain, un tas de rires et de douceurs qui se répandent dans la neige. J'ai peur d'aller tout ramasser, peur de faire trop de place sur le banc.

Je vais laisser tout ça là, et les amoureux se bécoter.

Je reviendrai demain, quand la neige aura fondu... Et je marcherai droit entre hier et demain, là, juste où se faufile sur le trottoir les premiers rais de soleil....

par Lady Angel publié dans : Les pognes serrées
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Jeudi 24 Août 2006
 


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Lady Angel
 

 


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