
L'important bien sûr c'est le contenu d'une formation.
Mais inopinément il arrive toujurs un moment où, et quel que soit l'intéressement porté à son contenu, la formation proprement dite nous échappe et ce...invariablement.
Il y en a pour prouver le contraire et relever le défi?
Ah on peut rester des heures sans décrocher, les yeux rivés sur les déplacements du quidam de service qui assure le poste. Des heures buvant ses paroles, lorgnant sur l'écran, notant, ingurgitant, tentant et questionnant...
Jusqu'à ce que, par le plus grand des hasards, un mot puis un autre nous semblent soudain "paramétralement opposés et dissouts dans l'atmosphère cybernéen de façon peu homogènes".
On se rattrape comme on peut, à cela près qu'en baillant cela fait perdre une fraction de faculté auditive (essayez si vous ne me croyez pas! quand on baille, on n'entend rien ! ), qu'en buvant un coup on ne voit pas pour le coup ce qui se passe à l'écran et donc...on perd le fil (d'eau bien sûr !)
Il vient toujours un moment , fort heureusement souvent très bref, pendant lequel quoi que dise le formateur, cela passe dans notre cerveau comme dans une passoire et l'on ne retient que les plus gros morceaux. Et encore....quand ce n'est pas comme une éponge et qu'à peine sortis de là, on presse pour vider le ciboulot et.... il ne reste plus rien !
Passé le repas de mi journée, la position est moins statique et le dos moulu se love sur lui même. La face vient s'écraser dans une main tendue au bout d'un avant bras posé sur le coude et qui manque claquer sur le bureau lorsque la force l'abandonnera. On est mollasse, perdu dans la digestion tant gustative que verbale et les deux font un curieux mélange...
Alors on regarde dehors, on observe tout ce qui peut l'être et surtout ceux qui nous accompagnent, coéquipiers de quelques jours dont le souvenir même du faciès nous sera d'ici peu complètement égal. On observe, on analyse et au fond, on rigole bien. C'est surprenant comme à l'arrivée de la dernière heure, il y a un regain d'intérêt pour les questions cruciales, pour les solutions lourdingues qui seront censées résoudre tous les futurs problèmes... invariablement aussi.
L'idée que dans une heure c'est la quille, et surtout si le formateur l'annonce, donne des ailes aux plus effondrés sur leur chaise usée par les vautrages répétés. Ils frétillent du stylo et donnent bien du fil à retordre au formateur avec multe questions alambiquées...auxquelles il faudra bien répondre...
Toujours quelque part celui qui n'a rien compris, toujours celui qui pose "LA" question que chacun redoutait, toujours celui qui, avec force zèle, se réveille au moment de partir, et celui qui se la pète en voulant former le formateur..., celui qui dort et qu'on n'entend pas que ce soit le matin, l'après midi ou les deux, celui qui se damnde pourquoi il est là, celui qui a tout fait, tout vu mais qui n'a jamais suivi de formation...etc....
Ils remplissent les journées de "formateurs" bien armés pour organiser leur parlotte et maintenir l'intérêt. J'admire la constance de ces derniers à ne pas s'indigner, à prendre sur eux, lorsque au plus fort de ce qu'ils enseignent ils décrochent eux aussi parfois et, regardant au dehors briller l'insolent soleil, ils glissent invariablement un oeil sur le cadran de leur montre....

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