Ca peut aider ...

J'ai 38 ans, un peu moins d'années de sagesse (lol), une passion pour l'écriture et l'autre pour la photo.
Entre les deux s'installent tous ces instants qui croquent sous la dent et dont je ne me lasse jamais de savourer le croustillant.

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Magistral, profondément attachant, le Germinal des années 2000

 Exotisme et dépaysement.

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Lundi 27 mars 2006

Photo perso de la "sentinelle" vue du dessus

Ilest revenu s'asseoir. Presque à la même place. Presque à la même heure.

D'un geste séculaire il a refermé la porte derrière lui. Il se croit seul dans cette cuisine. Il ne la regarde même pas. Et bientôt il ne regardera même plus ce décor qui pourtant l'accueille chaque jour et qu'il ne connaît même pas. Son regard est ailleurs. Dans l'océan où il se perd, il a trouvé son phare, sa "sentinelle de l'obscur". Il communie avec un horizon que nous ne percevons pas, logé au fond de son bocal de verre, sa sacrosainte bouteille.

Il a déjà l'air d'un goujon en mal de flotte, d'un affamé en mal de tout, d'un alcoolique en mal de boire. Mais il ne le sait pas. Il n'y a que nous pour nous intéresser à son cas -parce que, pense t'il, nous n'avons sans doute rien de mieux à faire.
 
Il n'y a rien à reconnaître de l'être aimé. Il s'en fout. A l'heure qu'il est, comme une évidence, il se fout de tout. Le jour, la nuit, les autres... Il ne sait comment bazarder ce sourire qu'il avait aux lèvres en entrant. Il l'encombre et lui trouve un goût amer, un goût qui poisse.

Nous sommes revenus nous asseoir. Presque à la même heure. Comme chaque jour. Nous causons fort pour masquer tout. Mais ce que nous ne pouvons entendre, nous le devinons tous:
Il fait semblant de tatônner. Il ouvre la lourde porte du frigo d'où il extirpe l'élixir. Le clac du buffet où se cachent les verres et là, au milieu du discours -que personne n'écoute- l'instant d'après. Cet instant où le fiel se déverse dans la coupe.

Le pinard est dans le verre. ....Etait....Est à nouveau....Trépasse....Et l'homme avec...
.
C'est un être gorgé, embué,"acerveauté", loqué, pitoyable. Mais d'une pitié qui frise l'écoeurement. Non, je n'en rajoute pas pour les effets de style! Il se mue en débri; Un débri, même petit, reste un débri. Et lorsqu'il tente de nous prouver le contraire au plus fort de cette condition, c'est affligeant.

Bien sûr il y a de la souffrance. Plus grande est celle de voir ou de boire? Je n'ai pas cette réponse. Mais la souffrance si elle explique, et parfois excuse, la dérive, n'enlève rien à l'image dégradante de l'être aimé. Et si lui enferme tous ses espoirs dans cette bouteille, les nôtres ne sont nulle part.

Il est revenu s'asseoir comme il a pu. Vautré, mal calé au milieu de nous. Il a remis son sourire sur ses lèvres, comme il a pu, mais il n'a pas tenu. La démarche est chancelante, les mots aussi. L'horizon vascille au bord de ses yeux, prêt à tomber, rêve déchu.

Il ne parle pas. Il mâche les mots comme des éponges.

Nous nous sommes tus. Presque au même moment.
La bouteille est vide. Le silence aussi....

Il se lève. Titube. Râcle la porte. Tombe...et ne se relève pas. Il s'écroule. Telle une serpillère endimanchée.

Mon amour a un goût qui poisse, il se dérobe. Une sorte de haine le happe à grandes lampées.

Et pourtant...je l'aime.Je ne veux pas qu'il reste là. Mais qu'il se relève et qu'il aille se coucher.

Et puis, il faudra penser à enlever cette porte....




par L'amaraude publié dans : Les pognes serrées
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Samedi 25 mars 2006

Ravie d'habiter ma ville. Beaux monuments, passé historique prestigieux, cité active. Cela est convenu.

Ravie, à ce détail prêt qu'il y a toujours un "mais" et que celui là est de taille.... Un "Mais" qui a la particularité de n'exister qu'ici.

En effet, je n'ai pas souvenance d'avoir jamais vu pareil public. Ni même, en creusant bien, pareille absence de public...

Celui-ci semble figé dans la plus pure "stagnation", quoi qu'il se passe, quoi qu'il entende. Et entend-il d'ailleurs, je me le demande. La réaction est la même quelle que soit la couleur de la musique, c'est à dire que de réaction...il n'y en a pas....

Bon bien sûr il y a toujours, et fort heureusement, les quelques agités de service qui scandent tout ce qui passe avec force battements de mesures et autres mouvements du corps, de la tête et des mains.. Il y a ceux là et il passent quasi pour des aliénés. Si en plus ils se mettent à briser le silence en poussant la chansonnette, on crie au manque de civisme ! Ils pourraient se taire quand même; l'artiste est là pour assurer le spectacle !!!!

Mais les autres, ceux qui n'en finissent pas de m'interpeler par leur mutisme. Mais ils font quoi, là, dans une salle de concert à regarder la bouche pincée et l'échine courbée, la scène comme un mauvais film, comme si on les avait dérangés ??? Parce que réussir à prendre les premiers rangs d'un concert de gospel et ne pas bouger d'un poil, d'une touffe, ou d'une esquisse de pique au passage de la diva du blues qui frappe dans ses mains, qui donne au blues ses lettres de noblesse, qui tortille son corps comme un appel au rythme.... Il faut vraiment en vouloir !!!!

Cela dit, et que cela vous rassure sur mon coup de g...., pour le rock, le zouk, la variété, c'est pareil !!!!

Ah si, plus drôle, ici on a aussi des gens qui rient aux spectacles tragiques, qui s'en vont avant les artistes, et qui ne font aucun rappel à ceux venus (excusez du peu !) des Etats Unis...

Alors si vous voulez vous marrez, ne cherchez pas une salle à côté de chez vous. Venez au pays du Champagne et vous verrez que celui ci ne fait pas que griser les gens !!! Vous verrez un concert comme jamais vous n'en verrez ailleurs : un concert qui, quoi qu'il se passe, vous laissera un goût amer, un goût de honte peut être même pour ces artistes qui donnent le meilleur d'eux mêmes. Mais vous, vous garderez un souvenir peut être douloureux....mais inoubliable et qui sait si votre pêche ne réussira pas à dérider tous ces c.... serrés !!!!

Je tire cependant mon chapeau à tout ceux qui, faisant fi de l'ambiance, et il faut déjà y arriver, n'écoutent que la musique et eux mêmes et.... vivent le spectacle au son et au rythme des artistes... 

par Lady Angel publié dans : Pognes tous azimuts
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Dimanche 19 mars 2006

Il y a des jours comme ça où je mettrais bien à sécher des "trucs" en plus sur le fil. Pour leur éviter de me pourrir l'intérieur ou pour simplement leur faire prendre l'air.

C'est qu'on court plus qu'on ne marche en ce vaste monde et qu'il s'en engrange dans notre carcasse de ces souvenirs, de ces ambitions, de ces choses qu'on fera "un jour".... Dieu sait où ça nous mène et combien de temps ça va prendre mais en attendant tout ça s'empile en vrac dans la bonne femme et parfois, je peine moi-même à m'y retrouver....

Alors, j'aimerais bien parfois devenir réversible: mettre le dedans dehors comme on retourne un sac pour le vider plus aisément. Et faire le tri. De prime abord, l'image peut faire désordre, mais tout est fonction de l'endroit où on choisit de s'étaler...

Parce que,  si j'en crois les empêcheurs de tourner rond comme carré, et autres pourfendeurs de liesse, les "jours peut être" ne sont guère cumulables et il est de bon ton de faire le choix judicieux dès le départ pour être sûr d'en vivre au moins un... Oui mais le hic, c'est que des occasions de se dire "un jour" on fera ceci ou cela, il en arrive "tous les jours" justement....

Et c'est là que le bas blesse et qu'il faut donc le retirer. Parce que j'entends bien vivre ces "un jour" comme autant de promesses. Et je les vivrai tous.

Aussi, il n'y aura pas de tri. Pas plus qu'il n'y aura à l'avenir ce petit mot assasin dans mon vocable. "Un Jour" c'est déjà comme l'aveu de ne pas pouvoir, c'est surtout se refuser à savoir quand, mais l'espérer quand même. Et puis...il y a d'un coup tellement de choses à faire Avant.

Alors non, je retourne la peau, le sac, je me retourne en somme et je me dépêche de tout faire, à partir...de tout de suite. Dès fois que la vie soit trop courte. Des fois qu'"un jour" ne soit "jamais".

Décider à chaque réveil, qu' "Un  Jour" puisse être "Aujourd'hui"... et partir tout retourné, vidé de cet espoir qui dévore et finit par user  parce qu'aujourd'hui justement il y a un tas de choses à faire qui n'attendent pas, qui commencent déjà. Alors suis moi...

par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Lundi 13 mars 2006

Lorient Port de Pêche Mars 2006 (Morbihan)

A avoir usé mes semelles sur bien des chemins, à avoir conduit mes rêves sur bien des routes, il n'y avait pourtant qu'un endroit sans doute où poser mon sac.

Celui  que j'atteignais, avec mon avenir en poche, un lointain que je posais sur un bout d'aujourd'hui.

J'étais arrivée là où plus loin n'est pas possible, là où sans doute on m'attendait puisque l'ailleurs n'existait pas.

Cet endroit du monde où je crois qu'on doit toucher, si ce n'est l'horizon, peut être son reflet.

J'ai levé la tête, comme on regarde le soleil et j'ai écarquillé les yeux. J'avais trouvé sans le chercher "le bord du monde". Cet endroit convoité en secret,  où les choses basculent entre hier et demain, entre l'avant et l'après,  entre le réel et le rêve. Je m'inventais sans doute un monde me disais-je, porté par la magie des mots.

Je me suis assise en attendant que le monde tourne... Et je n'ai rien vu de plus. Attendre et non espérer. Attendre repue de certitudes heureuses. Laisser derrière soi l'amertume et ce que la vie tient de souffrances. Taire ses chagrins, ses heurts et ses désillusions. Laisser derrière la révolte. Taire les colères et les peurs. Ne garder de tout cela que ce qui nous a tenu debout et en saisir la Sagesse ou du moins ce qui y ressemble...

Attendre juste qu'il se passe quelque chose. qu'une mouette passe ou un ange, cela ne m'aurait pas plus surpris. Mais rien.

Rien que ce bien-être accompli d'être enfin rendue quelque part.

A regarder la plaque, je me suis dit qu'il n'y avait que là que l'ancre pouvait s'accrocher, que là que je pouvais être sûre d'avoir à construire mon nid.

"Le bout  du monde", comme le bout de moi-même, une infinie plénitude à être rendue à un bout de soi, comme un accomplissement. 

C'est là, et juste en ce lieu que tout pouvait commencer.

J'ai alors posé mon sac et tout ce qu'il contenait, mes souvenirs, comme mes bribes de vie. Qui pourrait se sauver avec? Et puis, pour se sauver où puisqu'on était au bout du monde?

La clé pour s'envoler plus loin n'était pas entre mes seules mains. Il me restait à parcourir ce monde pour les fabriquer chaque jour, avec des mots en or, des instants qui n'auraient pas de prix...

Il me fallait chérir ce monde tout autant que je te chérissais toi, maintenant que je savais où menait le chemin.

J'allais te chercher pour courir de par la Terre, profiter des autres et profiter de nous.

Donner, Recevoir et s'enrichir de cela.

Parce que les bases d'un Bonheur s'appuyaient sur celui des nôtres.

Après cela on pourrait voler. Arpès seulement.

On irait profiter de nous...

Avant que le bagage, trop lourd de tant de choses glânées, on ne décide enfin d'aller poser nos vies, notre bonheur et ce qu'il restait à venir

"Rue du Bout du Monde..."

 

 

par Lady Angel publié dans : Pognes tous azimuts
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Dimanche 12 mars 2006

 

Bretagne indolente...

Un bout de terre qui règne balayé d'herbe tendre,

De lande ou de bruyère et de quelques prières.

Telle une halte où viennent mollement s'étendre

Comme soumis, les derniers reflets de la mer.

Un petit port où quelques bisquines à la traîne

Voguent encore à l'heure du soir, quand tout s'efface.

Et chantent les rebelles, du quai à la taverne,

Les forbans au grand coeur, les filles un peu lasses.

Et puis le vent du large, cet air à leur image,

Eliminant l'abri et ravissant la bête

Une brise, un paysage de rochers et de plages

Caresse ou bien sursis sous le "ris" d'une mouette.

 

Enfin une chapelle comme recueil à nos rêves

Toute entière de granit et de quelques genêts

Une voix comme un appel en cette aube qui se lève

Couverte d'insolite et de vagues secrets.

par Lady Angel publié dans : Pognes ridées
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Jeudi 24 Août 2006
 


"Regarder autour de soi
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ou tout près, cela dépend
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