Ca peut aider ...

J'ai 38 ans, un peu moins d'années de sagesse (lol), une passion pour l'écriture et l'autre pour la photo.
Entre les deux s'installent tous ces instants qui croquent sous la dent et dont je ne me lasse jamais de savourer le croustillant.

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Magistral, profondément attachant, le Germinal des années 2000

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Lundi 30 janvier 2006

Eric,  le hasard a fait ce soir que ta photo vienne servir mon texte...mes souvenirs et mon humeur.

Merci à toi...ptit frère,

Pour voir la photo dans son contexte original cliquer ici

J'ai failli m'asseoir. J'ai failli balayer la neige comme autant de souvenirs et aller me percher sur un bout du temps, sur un bout du banc.

Et puis... Et puis je n'ai pas sû de quel côté aller poser l'attente. Du côté du passé, du côté de l'après? Je me suis trouvée entre deux certitudes, celle du bonheur vécu et celle de l'avoir perdu, ou peut être égaré et l'idée de m'asseoir  du côté de demain  comme d'hier m'a fait tout autant de mal.

Et pourtant. Pourtant je me suis mise à penser que le manque de ce qu'on a aimé, de ce qui nous brûle au ventre comme aux heures heureuses, ce manque c'est aussi tout le reflet, toute la mesure d'un plaisir. C'est dans l'absence que l'on retrouve un parfum pour se souvenir, un geste pour chavirer, un corps entre ses doigts.

C'est surprenant comme à se souvenir, à vouloir  entendre un rire en substance peut procurer tant de peine,   d'évoquer une ancienne caresse semble creuser les  blessures et comme le goût même d'un baiser donne à nos larmes un goût amer. Se souvenir.... Et ne plus savoir où s'asseoir. Ou poser son chagrin quand on pensait ne plus y goûter. Et se trouver bien emprunté d'en avoir soudain plein les bras.

Rester bêtement à regarder passer les gens et les laisser s'approcher. Les deux là-bas,insolemment amoureux, étonnament heureux vont bien finir par se lasser de tant d'accolades, de tant de baisers volés. Rester bêtement à voler leurs secrets, à voler un brin de leur bonheur, dont on se fout d'ailleurs, puisqu'on se fout de tout...

On voudrait juste savoir où s'asseoir pour ne pas avoir l'air surpris. Pour ne pas que le temps passe, comme ça, en balayant tout.

Je regarde tomber la neige, tomber mes larmes, tomber mes étoiles sur le pavé. Non d'ailleurs, il n'est pas tombé d'étoiles, pas plus qu'il n'est tombé de soleil. Il y a juste, ce quelques chose sur ce banc, je le vois, qui m'empêche en fait de m'asseoir.

Il y a....un fatras de souvenirs qui s'étale entre hier et demain, un tas de rires et de douceurs qui se répandent dans la neige. J'ai peur d'aller tout ramasser, peur de faire trop de place sur le banc.

Je vais laisser tout ça là, et les amoureux se bécoter.

Je reviendrai demain, quand la neige aura fondu... Et je marcherai droit entre hier et demain, là, juste où se faufile sur le trottoir les premiers rais de soleil....

par Lady Angel publié dans : Les pognes serrées
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Samedi 28 janvier 2006

Murmurer. Murmurer que l'on n'a pas froid et que rien ne vaut ce temps là.

Parce qu'il attend. Parce que loin de nos tracas, lui s'impatiente déjà.

Il sait la caresse à venir, celle qu'il donnera sous l'ondulation du corps et celle qu'il recevra de sa main. Il sait l'étreinte intime et silencieuse qui se nouera entre eux.

Il attend. Elle murmure.

Il se suspend à ses gestes, à ce qu'elle vienne tourner le loquet pour faire entrer la liberté. Il espère.

Et à chaque jour se renouvelle l'attente. Se renouvelle l'espoir de retourner batifoler. Avec la même constance. Avec la même confiance exquise.

Murmurer. Et retrouver sous le poil l'émotion intacte. Donner sa voix pour l'en sentir imprégné, pour le voir vibrer et s'enivrer déjà du plaisir à venir. Comme un aimé qui retrouve l'être cher, renouveler l'osmose.

Murmurer qu'il ne fait pas assez froid pour se priver de cavalcades. Qu'il ne viendra jamais le temps où ils joueront d'autres délices.

Et s'en aller. S'en aller galoper sur tous les chemins du monde, crinière au vent et liberté en poupe. S'enivrer comme jamais de l'osmose. Et ne plus s'arrêter. Galoper encore, encore....

Et murmurer.... pour que le temps ne vienne rien arrêter...

 

par Lady Angel publié dans : Au fond des poches
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Dimanche 22 janvier 2006

...et les étoiles se mettent à danser

Il est là, somptueux dans son habit pailleté. Il n'a pas changé. Il n'a pas vieilli et soudain il me semble que moi non plus...

Il me semble si proche ce temps de mon enfance où je battais des mains à chaque cabriole. Où je frémissais sous le regard du clown, cet homme au visage blanc que taquinait l'Auguste.

"Bouglione": un nom qui résonnait comme autant de magie, de paillettes jetées en l'air. Je fermais les yeux et je voyais du rouge, de l'or et du bleu. Je voyais le feu, et j'entendais déjà le tintamarre de l'orchestre à l'entrée des artistes. Ce nom, qui a lui seul donnait au cirque ses lettres de noblesse, ce nom qui a bercé mes rêves d'enfant.

Aujourd'hui, c'est un ami qui est venu m'en ouvrir les portes. Il portait sur lui son habit de lumière. Et lorsqu'il s'est approché, je ne sais si l'accolade était à la femme ou à la petite fille que j'étais redevenue.

Il y a des souvenirs que la vie n'atteind pas et qui conservent à jamais leur authenticité. Le respect, la crainte et la fascination que je vouais jadis au grand clown blanc de mes Noëls ne se sont pas estompés avec le temps. Adulte, je découvre un homme, une âme derrière le personnage mais je reste subjuguée par l'artiste, par cette part de rêve qui renaît dès que la piste s'allume.

Il n'y a pourtant pas que des paillettes sur la piste étoilée, et le fard aide parfois aussi à camoufler les larmes. Les projecteurs éclairent nos rires et masquent l'ombre des artistes.

Cet après midi je me suis vue battre des mains, battre du coeur et rire. La magie était revenue envahir mes souvenirs.

Mon ami était sur la piste et moi j'avais les yeux ébahis de mon enfance. L'icône était là, devant moi, fidèle à mes émotions de gamine. Les paillettes brillaient comme autant de soleils. Certes, sous le maquillage, je savais désormais qui se cachait, je pouvais mettre le visage familier d'un proche,  mais le personnage lui, le clown au visage blanc et dont le regard souligné de khöl me trouble encore, lui il n'avait pas changé.

Et je crois qu'au fond, là, assise sur mon strapontin, sans fard et sous leurs soleils, je n'avais pas changé non plus...

  

 

par ... publié dans : Les p'tites pognes
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Mardi 17 janvier 2006

Ca n'était pas des papillons. Ca n'était pas plus des oiseaux de paradis ou des moulins. Il n'y avait que le vent et rien d'autre à prendre dans mes filets.

Dans mon si petit filet. J'avais bâti des paysages à la démesure d'un espoir. Des paysages et pourtant pas des rêves.

Je n'ai plus rien à écrire qui ne soit nuit, qui ne soit triste. Je vais attendre que le vent tourne à nouveau et m'emporte ici un jour.....

Un jour.....

J'étais pourtant si sûre d'avoir bien vu, si sûre de ce paysage.  Mais ça n'était pas des papillons. Ca n'était peut être même pas moi....

 

 

par Lady publié dans : Les pognes serrées
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Mercredi 11 janvier 2006

A toi, ma chère mémé,

Elle va mourir demain, ou peut être aujourd'hui. Elle va partir trop tôt de cette vie qui ne la retient déjà plus, qu'elle même peine à retrouver.

Trop tôt pour ceux qui l'aiment, trop tard pour ceux qu'elle a aimés et qui l'ont devancée. Elle est seule, seule depuis longtemps. Et ce "longtemps" lui semble être un "toujours" qui n'est plus rythmé que par la nuit, le jour, le jour et la nuit. Autrefois s'alternaient les plaisirs et les peines, les rires et les pleurs. Mais aujourd'hui tout à la même saveur, le même goût fade.

Elle avait peut être promis de chérir jusqu'à la mort un homme dont on ignore peut être le nom et dont elle cache le souvenir. Elle s'était peut être promis d'en rester digne jusqu'à ce jour et la voilà dans ce mouroir. Et lui qui n'est pas là. Lui qui ne sait peut être pas. Elle qui l'espère, lui, peut être encore. 

C'est comme...comme si même les souvenirs devaient rester dehors. Comme si on n'acceptait dans cette maison de retraite que l'enveloppe sans le contenu. D'ailleurs "maison de retraite" quelle absurdité. "Maison de retrait" pour ces êtres qu'on retire du monde, qu'on retire de la vue de tous et que l'on parque pour qu'ils apprennent en choeur à mourir.

Ses yeux m'implorent, et je ne sais si c'est de rester encore un peu ou de partir un peu plus vite.

Il suffirait peut être que je lui donne la main. Que je lui donne sans la lui tendre, il y a si longtemps qu'elle ne peut plus l'attraper. Ses mains tremblent comme tout son corps et je la regarde sans comprendre d'où vient ce froid qui la parcoure ou cette peur.

Je lui ai apporté des oranges. C'est idiot. Elle n'est pas en taule. Mais elle est enfermée. Dans sa chambre comme dans une geôle, en silence comme dans une cellule.

Pourtant, pourtant son regard se tourne toujours dehors. Pourtant, sa voix me parle encore d'ailleurs. Elle ne se reconnaît pas dans cette petite vieille qu'on assiste jusqu'à manger, bouger, pisser. Elle n'est plus rien qu'un vieux corps qu'on trimballe pour lui faire prendre la lumière avant qu'il ne se déssèche. Comme une plante qu'on ne voudrait pas faire crever mais dont on ignore l'entretien.

Elle est le spectateur de son propre spectacle, impuissante à tirer ses propres ficelles, clouée dans ce lit d'hôpital depuis tant d'années. Elle n'en sortira plus que les pieds devant mais sa tête elle, sa tête est si prêt de moi. Elle voudrait se sauver j'en suis sûre, je voudrais tellement qu'elle le puisse.

Ses mots sont autant de soleils qui s'éclatent aux quatre murs. Elle qui aimait tant la campagne, la voilà emmurée vivante. Elle me parle. De nos souvenirs. De nos éclats de rire. De sa Yougoslavie et de saveurs d'antan. Elle me sourit sans doute mais je ne la vois plus. J'ai des larmes qui coulent de trop la comprendre, de trop l'aimer sans doute et de ne rien comprendre.

Rien, rien de ce qu'elle fait là. Clouée à ce lit qui semble la retenir.

Je vais partir. Reprendre mes oranges qu'elle ne mangera pas. Je vais sourire et l'embrasser et partir sans me retourner pour ne pas l'arracher à ses draps.

Mais qu'elle ne meurre pas là, non pas comme ça, pas elle. Qu'elle se lève, qu'elle me suive et qu'elle aille mourir au soleil....

Mais pas là, entre ces quatres murs, ou ces quatre planches....

par Lady Angel publié dans : Les pognes serrées
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Jeudi 24 Août 2006
 


"Regarder autour de soi
bien au delà même parfois
ou tout près, cela dépend
de la grandeur du bonheur à venir"



Lady Angel
 

 


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